© Comité Paul MONDAIN

2, rue de l'étang des moins - 750500 TARTECOURT

A Limoges, Mondain continue à peindre des paysages arborés, des fleurs, des personnages mais surtout des tableaux très abstraits, cubistes, et ses fameux zapotecks  qui occupent alors la plupart de son temps d’artiste. 

Il ne perd pas son temps à conduire : son épouse Raymonde Schneider-Mondain qui était pilote de rallyes automobiles prenait le volant afin de le laisser admirer la nature pour la peindre. Mondain laisse des centaines de tableaux de paysages.

En 1969, il illustre le catalogue de l’exposition d’Edouard des Courières, « ACCORDS », par des dizaines de Zapotecks dessinés à la plume. 
 

…s’écrie Eric Mazet, dans sa préface de « LA BRINQUEBALLE AVEC CELINE », d'Henri Mahé.

   Par hasard, Mondain reçoit pendant quelques jours dans son logement de fonction de Quimper, l’écrivain talentueux Louis-Ferdinand Céline, voir le prochain chapitre. 
 

 Un cercle de créateurs 

« P. Mondain est entré en relation avec ce cercle de créateurs, discret mais fort vivant, constitué avant guerre autour du Dr Augustin Tuset . » (Jacques Jourdren). Il fréquente des artistes célèbres comme Mahé, Ernest Laurent, Paul Belmondo, Emmanuel Auricoste, Jean-Louis Moussempès, Robert Lesbounit, Daniel Octobre, Gen Paul (qui dit de Mahé qu’il est « supérieur aux meilleurs »), Dignimont, Jean Giraudoux, Edmond Heuzé.« Mahé a laissé un souvenir vivace à Quimper auprès des enfants du docteur Tuset »(Eric Mazet).


    Jacqueline Schmidt, « pure jeune fille idéaliste » est active dans le réseau de résistants. « Elle espionne et transmet la glanure à Londres ». Mahé rencontre cette « très belle et souriante libraire » « chez notre ami le docteur Mondain, psychiatre et peintre de talent ».


    Autour du docteur Tuset, évoluent le médecin accoucheur Le Pape, le « distingué » André Derrien, «L’aristocrate Mme Mourlet et son grand fils Jacques qui joue à qui-perd-gagne avec les parachutistes anglais ! La dynamique Jeannette le Gallou  ». 


    Jeanne le Gallou, « la dynamique Jeannette … tenait son café-tabac (La buvette) de la place Saint-Corentin, à Quimper, en face de la cathédrale, en écoutant à la sortie de la messe celtisants, artistes, notables et délirants … le docteur Paul Mondain, directeur de l’hôpital psychiatrique de Quimper, est de ses amis. …». « Ce n'était pas une collectionneuse ni une intellectuelle, Jeannette, mais une amoureuse de la vie et du beau dans leur immédiat. Son grand regret était de n'avoir pas fait les Beaux-Arts de Rennes. Elle se consolait avec toutes les belles histoires que Mahé ou Gen Paul, Tuset ou Mondain, bien d'autres encore lui avaient racontées et qu’elle savait redire … elle voulait tout savoir de la vie de Mahé et de celle de Céline . ». (Mazet E. Jeanne le Gallou).


    Mondain réalise en 1943 le portait du docteur Georges Desse, écrivain et poète qui publie dans la même revue que Supervielle et Max Jacob. 

Madame Nathalie Berset-Desse nous a permis d'exposer en été 2016 à Quimper ce portrait du docteur Georges Desse qui figure également dans l’ouvrage de Gaël Richard, « La Bretagne de L.-F. Céline ». Georges Desse, médecin - résistant prestigieux qui s’est spécialisé en rhumatologie publiait dans ce domaine et en archéologie préhistorique. Il était également écrivain.


     Mondain vit donc dans l’environnement des grandes personnalités que côtoie son confrère le docteur Augustin Tuset, alors directeur des services sanitaires auprès de la Préfecture, et demeurant à Quimper, 16 rue Vis. 

     Cet environnement comporte un densité particulière de grande personnalités ! « Max Jacob était mon parrain de confirmation, Floch le parrain de mon frère Denis, Jean Moulin, le parrain de mon frère Alain, et ma soeur Marie-Antoinette, la toute jeune égérie de Céline », écrit Jean Tuset, le fils du docteur Augustin Tuset.


    Augustin Tuset mérite d’être plus longuement évoqué ici. Il est par définition proche de Mondain au plan professionnel. Ils sont tous deux artistes : le docteur Augustin Tuset, « … dessinateur, graveur, sculpteur, graphologue s’ajoutaient à ses dons pour la conversation brillante et profonde et pour le choix des mots  ».(Tuset Jean. Entretien - mai 2015). Comme nous l’écrivons plus haut, il anime à Quimper « La petite Athènes au bord de l’Odet » baptisée ainsi par le docteur Destouches. Son fils, Jean Tuset, neuro-chirurgien retraité à Brest l’évoque dans un ouvrage très plaisant qui comporte des anecdotes succulentes. Il était le filleul De Max Jacob et son frère, celui de Jean Moulin.


    Max Jacob fréquente régulièrement la maison Tuset depuis les années 30. Il y rencontre Jean Moulin et Céline. Il écrit le 15 décembre 1943 à Cocteau : « Si tu avais un ennui administratif (... ) adresse-toi au docteur Tuset… Va le voir même sans les ennuis... »


    Ami de Jean Moulin, dont il sculpte le buste, le docteur Tuset entre vite dans la Résistance. C'est pourtant lui qui, en 1940, recommande Jeannette (le Gallou) au Docteur Destouches « dont les pamphlets auraient pu gâcher toute estime . » (Gaël Richard). Céline fréquente la maison Tuset, mais, selon Jean Tuset, « Jamais, il n’a manifesté le moins du monde ses idées antisémites, sinon avec Max Jacob, cela n’aurait pas marché . ». Plus prosaïquement, il précise  qu’il « se serait fait botter le c… s’il avait eu des propos anti-sémites ».


    En fait, Mondain était hiérarchiquement sous la dépendance de son confrère Tuzet, ce qui pouvait l’obliger à conserver une certaine distance par rapport à son environnement. Par ailleurs, Mondain n’était ni ambitieux ni vaniteuxIl ne s’est jamais mis en valeur et il n’a jamais fait la promotion de son art. Selon sa fille Florence, il a refusé la légion d’honneur. S’il est évident qu’à Quimper il a croisé ces personnalités brillantes, il n’a pas cherché à les fréquenter dans le but d’en tirer des bénéfices secondaires.


    La mouvance Tuset ne jetait pas un œil très attentif sur les œuvres de Mondain : à l’époque, Moulin, Jacob et Tuset dessinaient, peignaient et sculptaient, réalisaient des céramiques. Mahé, Léonardi et Floch étaient les artistes bretons les plus marquants et proches de la famille Tuset. Selon Jean Tuset, « Floch vendait tout, Jacob ne vendait rien, ce qui le mettait hors de lui. Il existait des rivalités entre ces artistes ». 


    Ce n’était pas dans la philosophie de Mondain. Quant à sa réputation, elle lui était totalement indifférente. Il considérait que vouloir la défendre serait : « céder à l’amour propre et à la vanité, sachant que regagner sa réputation aux yeux du monde, ce serait la perdre à ses propres yeux, pour la pauvre récompense de l’estime publique  » (Mondain P. « Ecrits en captivité ». Lübeck, 1941. Document de Madame Schneider). 
    

   Avec Maurice Genevoix, ils sont « très vite tombés d’accord sur quelques vérités premières, de celles que le respect humain, le snobisme, l’impatience, et d’autre part un mercantilisme aussi ingénieux qu’infatigable, remettent perpétuellement en cause, parviennent parfois à ébranler, mais qui se rétablissent toujours parce ce qu’elles sont, en effet, des vérités ».


    Si Mondain écrit cela, « c’est bien parce qu’il est honnête ; parce qu’il sait que les meilleurs peintres, s’il leur est arrivé de tricher, cela finit toujours par se voir et par se savoir ; que les plus grands auraient été moins grands faute de cette sincérité, de cette obligation intérieure qui les ont ramenés vers eux-mêmes à travers les tâtonnements, les recherches jamais achevées qui sont le lot des créateurs ».

 

   A l’époque, Mahé et Mourlet considère avec justesse la qualité de la peinture Mondain. Mahé apprécie Mondain dont il a peint un portrait et, comme nous l’avons vu, il a réalisé une dédicace très élogieuse de l’exposition de Mondain à la galerie Saluden.


    Nous avons évoqué et étudié avec Volny Mourlet, fils de Jacques Mourlet et filleul de Céline les œuvres de la première période de Mondain, celles de Floch, de Léonardi, de Jacob et de Chagall , tous peintres de la même époque moderne. Mondain n'avait rien à leur envier.


    Jean Tuset nous a conté une anecdote amusante : lorsqu’il avait 12 ans, il croisait Mondain tous les jours dans l’hôpital psychiatrique en allant chercher du lait de chèvre. C’était la guerre, ils avaient installé des biques dans la ferme de l'hospice. « Mais le lait puait, alors on le jetait en douce ! ». Le gamin de 12 ans n’avait pas de Mondain l’image d’un artiste mais celui du médecin chef de service de Gourmelen.

Mondain / Georges Desse 

Collection particulière

 "Ah, ce Quimper" : le creuset des arts quimpérois 

 
 

Paul Mars. Dédicaces du livre qu’il a illustré pour Edouard des Courieres

Le fameux terme est écrit de sa main sur la dédicace destinée à ses filles, portée sur la première page d’ACCORDS : « Pour mes filles chéries, Frédérique et Florence, ces « Zapotecks » sérieux, du petit papa toujour content. Paul Mars ».

 

 L'art, toujours et partout