© Comité Paul MONDAIN

2, rue de l'étang des moins - 750500 TARTECOURT

Paul Mondain, artiste peintre et médecin.

Pseudonymes : Mond’ain, Mont D’ain ou Paul Mars.

Les céramiques sont signées « Cemonde », acronyme de Cécile Mondain sa deuxième conjointe, pour « Cécile » et « Mondain »(Précision donnée par Thierry Carpe, fils de Cécile, son second fils).

Mondain / Portrait

 Mondain et ses pseudonymes 

Paul Mondain (1905-1981), médecin-psychiatre a vécu dans la passion de son art, privilégiant la peinture à la médecine. Il a réalisé plus de cinq mille œuvres, tableaux sur isorel, sur toiles, dessins, céramiques. Une partie de celles-ci provient en ligne directe de sa famille. D’autres ont été dispersées dans des ventes ou distribuées à des amis, comme les proches de Louis-Ferdinand Céline, que Mondain a hébergé fortuitement pendant la deuxième guerre mondiale à Quimper. Dans ces années 1940, Mondain évoluait à Quimper en marge de « La petite Athènes au bord de l’Odet » (expression apportée par Céline), cercle artistique gravitant autour du salon du docteur Augustin Tuset.

L'odet

Augustin Tuset,  médecin - sculpteur, était ami de longue date de Max Jacob et de Jean Moulin. Il les accueillait dans sa maison quimpéroise, 16 rue Vis, chère à Céline, et y entretenait des relations avec une pléiade d’artistes locaux, notamment avec Lionel Floch, Giovanni Leonardi, Henri Mahé, et bien d’autres encore. 

Maison de Jean Tuset,

16, rue vis Quimper

Photo Dr Le Corgne

Mondain savait tout peindre. Sa culture et ses pratiques artistiques étaient très étendues et diverses, tant par leurs techniques que par leurs thématiques : dessins, très bien exécutés comme ceux qui illustrent sa thèse de doctorat de médecine, « Les fous satisfaits » (1933), avec un coup d’œil et de crayon porté sans repentir, mais encore peintures, céramiques. A ses heures, le médecin se faisait également violoncelliste et écrivain. 

    De son œuvre peinte on peut discerner trois périodes. La première débute avant les années 1930. Elle s’apparente à la manière de Van Dongen et compte surtout des portraits. De rares tableaux d’une belle maîtrise d’exécution sont encore visibles chez les descendants d’amis quimpérois de l’artiste. Des représentations relativement figuratives de paysages quimpérois et de la ville de Quimper sont de précieux vestiges de cette période.

Le fils de l'artiste

Toile

D’innombrables œuvres représentant des paysages, des compositions florales, des natures mortes et des portraits peints pendant et après la guerre constituent la deuxième période : tableaux à base figurative mais influencés par l’impressionnisme et le cubisme. 

Mondain / Fleurs

Collection particulière

La richesse, la grande homogénéité de cette seconde époque de l’œuvre de Mondain est marquée par l’affirmation d’un style sans nul autre pareil. 

Mondain / Paysage

Collection particulière

La dernière période de l’œuvre peinte, qui coïncide avec celle de sa fin de carrière et de sa fin de vie s’inscrit radicalement en rupture avec les précédentes représentations. Mondain ne peint plus qu’à « la chinoise » tableaux mis à plat au sol ou sur un support et pivotant sur eux-mêmes, d’inspiration franchement post-cubiste. Il ne s’inspire plus que de Picasso dont il collige des citations dans une petite brochure . Le climat de ses « Zapotecks » (Terme relatif à la tribu des zapothèques mexicains) comme il les appelle, est trouble : personnages tourmentés, thèmes déroutants, parfois sinistres, témoignant de la grande sensibilité de ce psychiatre-peintre, mais la peinture est harmonieuse, dans les teintes de bleus et de rouges.

Ces trois périodes de création se recouvrent en partie. Sur la fin de sa vie, si Mondain produisait des Zapotecks en grande quantité, il continuait à offrir des représentations très délicates de paysages et de fleurs, ainsi que, sans doute sur commande, des portraits purement figuratifs comme celui d’un notaire de Limoges.

Mondain / Portrait d’un notaire de Limoges

Mondain

« Zapotecks »

 Les trois périodes 

 Le contexte culturel 

    Mondain n’a jamais vécu de son art, et n’en fit guère commerce : il a beaucoup donné. Aussi généreux que modeste, malgré la hauteur de sa culture et de son talent, il a peu exposé, cédant rarement et seulement aux demandes de ses proches. Harcelé par les galeries, il n’a jamais cherché dans les salons la reconnaissance de ses pairs, des marchands d’art, ni à se mettre en valeur dans les milieux influents de l’époque. Victime d’une pulsion créatrice qui passait avant tout, il peignait pendant des centaines d’heures, en solitaire, immergé dans la nature, parfois même la nuit. Selon Lucette Destouches, « Amateur de peinture, il partait représenter la nature en pleine nuit avec ses couleurs et son chevalet. Il rentrait au matin, ravi, porteur d’un tableau entièrement noir. »  ! Peindre avant tout, jour et nuit... 

Son œuvre est encore méconnue, ce qui nous offre le privilège de faire découvrir un travail dont il n’aurait pas eu à rougir face à Bonnard, Matisse, Gen Paul et bien d’autres « modernes ». Gen Paul, contemporain de Mondain, s’inscrit dans un contexte proche de celui de Mondain : autodidacte et passionné de peinture, ami de Céline. Comme l’écrit Maurice Genevoix, Paul Mars ne triche pas . Il a un talent particulier, un style qu’on ne rencontre chez aucun de ses contemporains, son style. Tout son art s’exprime par la spontanéité du geste, l’unité des œuvres, l’association subtile des couleurs de la palette, le respect de la perspective, des traits et des courbes de la peinture classique ; son art ne se limite jamais à une expression strictement figurative. L’œuvre de Paul Mondain se hausse au niveau de celles des meilleurs peintres modernes. 

Mondain / Immeuble

Mondain / Portrait

 Une œuvre à découvrir 

« La peinture de Mont D’Ain est l’effusion d’une âme scrupuleuse et sensible, inquiète aussi. Son œuvre est ainsi marquée par une lutte perpétuelle entre l’instinct et la raison.» 

 

« La Vierge bleue, Bouderie, Au bord de l’eau, iris anglais », c’est à la fois sensibilité et intelligence, ardeur et sérénité, prodigalité et indigence raffinée. Cette dualité attachante n’est pas la moindre des singularités de l’œuvre de Mont D’Ain  ». (Jacques Mourlet).


    Mondain peint pour lui et ses amis, il expose peu, surtout sur demande de ses admirateurs. « L’auteur le plus sage écarte résolument la vanité de son œuvre : il donne uniquement pour donner et ne se soucie pas de savoir s’il récoltera louange ou blâme  » écrit-il. Les galeries frappent vainement à sa porte. Il expose cependant sous l’occupation à Paris, Lille et surtout à Quimper, une fois à Toulouse. Il ne vend pas ses tableaux, il les donne. Il ne fait que satisfaire à sa pulsion créatrice.

Différents peintres l'inspirent, mais il ne plagie pas, sa grande culture le lui interdit. Il crée. « On ne peut plus peindre après Cézanne comme on peignait avant Cézanne ». « Voilà encore un propos de Paul Mars, à la fois modeste et honnête. Car c'est toujours à cette honnêteté-là qu'il convient de revenir. Il n'y a pas de novateurs dans l'absolu. C'est à partir d'un point donné déjà atteint, que l'on innove, si l'on est doué et si l'on se connait soit-même. Il ne peint pas "comme il peindrait si Cézanne n'avait jamais peint »; mais il le sait. Entre toutes les techniques dont chacun porte enseignement et qu'il a interrogées, il a su reconnaître celles qui l'inclinent vers ses propres dons. Sa culture est ainsi assez large pour ne plus apporter d'entraves à sa liberté personnelle, pour servir son message au lieu de la dicter rapidement et ainsi le trahir, pour se laisser d'elle-même oublier". Ainsi s'exprime Maurice Genevoix. 

Mahé qui plébiscite Mondain, dont il a peint le portrait, s'exprime sur certains courants de la peinture des modernes. Son analyse n'est pas en faveur des peintres surréalistes et cubistes : « les minables provoquèrent la réaction cubiste ... Tricheurs ! Surréalistes ... Tricheurs les dadaïstes ! Tricheurs les fauves au départ, mais vite revenus aux lois immuables ; composition, dessin, harmonie ... Derain ! Frisz ! Vlaminck ...». Mahé critiquerait-il les impostures « artistiques » de certains de ses contemporains, impostures qui risquent de ne pas résister au temps ?

Si Mondain s’inspire naturellement de l’esprit artistique de son époque, il ne copie pas, il ne subit aucune mode, il exprime ce qu’il ressent, il crée son propre style cependant très inspiré de l'abstrait et, surtout sur la fin de sa vie, du cubisme.

 L'esprit Mondain 

Mondain dessine, peint surtout sur Isorel - support créé en 1904, soit, un an avant sa naissance - et sur des toiles la plupart du temps anciennes et reprises, et décore des céramiques. Il fait découper à l’avance des panneaux d’Isorel de toutes dimensions, il les fait peindre en blanc et les encadre avec une baguette de section carrée en bois de 9 mm, fixée à l’aide de petits clous forgés.


    Il applique ensuite sa peinture, débordant sur ce petit cadre. Si un tableau ne lui plaît pas, il passe dessus une nouvelle couche de couleur blanche et réalise une autre peinture. Les toiles sont souvent d’anciens tableaux qu’il réutilise, également encadrées par une baguette plate de quelques millimètres d’épaisseur.

 

Pendant la guerre, en raison de carences, il compose lui même sa peinture à l’aide de pigments. Il nous a exposé les secrets de fabrication de ses fixatifs sur des ordonnances datant de sa période limousine. S'il a utilisé les produits « LEFRANC » après la guerre, il a gardé l'habitude de faire ses propres mélanges. Selon Thierry Carpe, il utilisait du « Louzou » à base d'essence de térébenthine, d'huile de lin et de sicatif.  


    A Quimper, la céramique est une tradition. Les artistes peuvent acheter des supports en terre cuite, les décorer, puis les cuire à la « Faïencerie HB », comme le fait Jacques Mourlet, ami de Mondain et de Céline. Les céramiques de mondain représentent surtout des compositions abstraites, il les signe « Cemonde ».

Le processus technique